André Hentges

Le petit André a quitté son village vers 1850 à l‘âge de 7 ans. Ses parents avaient 5 enfants et étaient très pauvres. Son père décida d’émigrer vers la France, vers Paris, pour trouver du travail dans le bâtiment et de quoi manger. Chaque jour la même rengaine : demain le départ ? Demain vers où ? Demain nous partons et comment ? Une décision capitale avec 5 enfants de bas âge. Mais la faim au ventre ne discute pas. Un déménagement avec les enfants, à pied, impensable ou la diligence en 3 jours et chère, était un véritable exploit.

Ce gamin songeait-il un instant à une vie meilleure ? Pensait-il revenir un jour et revoir son village d’enfance ? Certainement pas. L’épreuve était trop rude et brutale.

Alors arrivé à Paris, tous les tracas d’emménagement les attendaient, en plus de la langue qu’ils ne comprenaient pas. Pas d’endroit pour jouer. Des trottoirs bondés de gens pressés que l’on dérangeait. Fréquentation de l’école avec ces « étrangers » que l’on ne comprenait pas. Ce n’était pas rigolo. Ici, plus possible d’aller attraper la poule du voisin pour manger une fois à sa faim. Une véritable expatriation. Si seulement l’on pouvait rentrer à la maison !

Les années passent et le rendez-vous avec la vie du travail arrive vite. Dans le bâtiment avec son père, monter de lourds fardeaux sur la construction devenait le sort quotidien de ce jeune André. Vive le dimanche et le repos. L’on se rencontrait avec les luxembourgeois de la même destinée. L’on cherchait les spectacles peu chers des baraques foraines sur certains boulevards et ce sont les séances de lutte qui attiraient le plus, où l’on mesurait sa force. Le morose quotidien disparaissait. Ainsi André, gamin de l’excellence et de l’idéal, rencontrait un monde bien différent et se créa une place parmi les sportifs de la lutte.

Une vie passionnante et mouvementée est apparue. La rencontre avec un as de la lutte garantissait un avenir brillant. Les brochures du passé en savent plus.

1871 la première épreuve arrive. HENTGES rentre pour la première fois à WALDBILLIG. Sa chère maman qui l’a énormément soutenu, est décédée. Il doit repartir le jour même.

En 1888 c’est le décès de son Père qui le fait revenir à Waldbillig pour la 2e fois.

Finalement son rêve d’enfant fait des progrès. Le « petit André » revient chaque année dans son patelin, jamais les mains vides. Il surprend les 5 cousins, restés au village, et leur construit 5 maisons. Sa sœur préférait une ferme en France. En 1910, à son dernier voyage, A. HENTGES a apporté le premier football aux jeunes de Waldbillig.

La COMMUNE et l’EGLISE ont été très largement récompensées.

Fin 1918 l’horrible et épouvante Grande Guerre a disparu. Le couple HENTGES a passé les 4 années de la guerre à Genève, en Suisse et est rentré à Paris. La nouvelle vague en France était : « Dépensons, profitons de la vie ! ».  André HENTGES n’a pas suivi cette nouvelle pensée. Il s’est souvenu de son enfance misérable et a contribué à une vie meilleure pour ses Waldbilligeois. L’homme de la perfection et de la réussite souhaitait un village modèle et aisé, dirigé par une Commune réussie.

Le tout WALDBILLIG remercie chaleureusement le Grand et Unique André HENTGES. Son dernier désir était la Concession à Perpétuité d’un caveau, reçu en 1898. Il a trouvé son repos éternel, bien mérité, parmi ses parents et amis de WALDBILLIG.

Avec l’Offensive des Ardennes en 1944 le monument avait souffert des éclats d’obus. Le temps était venu pour le remettre en parfait état. Que le Bourgmestre et le Conseil Communal en soient vivement remerciés.

 

Jean F. KEISER